Bao - Lucrèce, c'est une maman alors elle va avoir des bébés chats.
Moi - Non, c'est pas possible. Lucrèce, elle ne peut pas avoir de chatons.
Bao - Pourquoi ?
Moi - Parce que le vétérinaire de la SPA l'a opérée pour qu'elle ne puisse pas en avoir.
Bao - Ah... Moi quand je serai grande j'aurai pas de bébé.
Moi - Pourquoi ? Tu en voulais 10, avant !
Bao (montre sa lèvre)- Parce que j'ai été opérée.
Il faut peut-être que je lui explique que les bébés, ça ne se fait pas au niveau du col de la chemise... Bravo, DSK !
L'hôpital
mercredi 25 mai 2011
SPA/DSK
Par alice le mercredi 25 mai 2011, 08:40
jeudi 28 avril 2011
Invisible
Par alice le jeudi 28 avril 2011, 17:40
Bao - Est-ce que je suis absente, là ?
Moi - Euh non, tu es là.
Bao - Mais l'autre fois, j'étais absente !
Moi - Ah oui ! Quand tu étais à l'hôpital, tu n'étais pas à l'école, alors tu étais absente à l'école. Mais maintenant, comme c'est les vacances, tous les élèves sont absents. Mais la maîtresse ne fait pas l'appel parce qu'elle est absente elle aussi.
Bao - Ah...
mardi 26 avril 2011
Convalescence
Par alice le mardi 26 avril 2011, 17:36
Bao - Arrête, Robin ! Je suis fragiiiiiile !
jeudi 14 avril 2011
Tout va bien
Par alice le jeudi 14 avril 2011, 20:08
Tout était planifié, pour ne pas dire asseptisé. L’hospitalisation qui se profilait depuis deux ans se présentait finalement comme une formalité. On en parlait, on en riait. On rangeait nos angoisses sans trop d’efforts. A chaque jour suffit sa peine.
Et c’est ainsi que nous avons été portés par le temps, en toute confiance, jusqu’à ces jours. Au terme du script, notre fille pourrait articuler tous les sons et une des cicatrices de son passé serait estompée.
Comme les spectateurs de notre propre film, nous avons découvert les guichets, les couloirs, la chambre. Bao a été enregistrée, désinfectée, ré-habillée. Un infirmier est arrivé. Long dédale vers le bloc. Les portes.
Cinq secondes où mes yeux s’agrippent à sa frêle silhouette, où j’aspire ses peurs. Je prends de plein fouet des images refoulées de gants, de masques, de pinces, de lames, d’aiguilles… Cinq secondes. Les portes se sont refermées.
Alors j’ai calé mes pensées entre les écouteurs de mon i-pod et j’ai sombré dans les pages d’un roman d’espionnage. Ma montre tentait de m’extirper de mon refuge, mais je l’ignorais trois heures durant. Puis je me pris à relire les mêmes lignes. Le discret tic tac troublait mon attention. Les mots perdaient leur sens. Les aiguilles capturaient mon regard… Déjà quatre heures… Philippe arriva, et nous affrontèrent ensemble l’attente.
Quand je vis l’interne. « Tout va bien ». Il nous noya de détails de tissus, de reprises, de points, de fils… Fier de son ouvrage, il nous annonça que le retour de Bao ne tarderait pas. Je reprenais alors le cours de mon film : après l’attente, les retrouvailles. Je pouvais envoyer des sms. Je pouvais rester debout dans le couloir et regarder passer les gens. Je n’étais plus concernée par l’angoisse. Je parcourais les affiches colorées et les dessins d’enfants. Et puis j’aperçus un lit, des cheveux noirs.
Nos regards se croisent, elle est réveillée. Ses yeux ne comprennent pas. Elle essaie d’attraper son visage, je l’en empêche. Je la reconnais à peine. Je sers sa main. Sa bouche, ses lèvres, tout est gonflé, tout est à vif. Des pansements jusqu’à ses joues sont couverts de sang séché. Un filet rouge s’écoule encore de son nez, de sa bouche. Elle a peur. Je cache mes larmes. Elle n’a pas mal. Elle essaie de pleurer mais les sons qui sortent la surprennent. Je ne sais pas comment la rassurer et je caresse ses bras. Je lui chuchote des mots. Maman est là. Papa est là. Elle a été très courageuse. C’est presque fini. Et elle s’endort.
Vingt-quatre heures plus tard, nous sommes déjà de retour à la maison. Bao économise ses mots et ses sourires. Son visage n’est pas encore le sien. Mais l’hôpital est derrière nous. Nous rangeons les bons souvenirs, le personnel attentif et chaleureux, la salle de jeux, les cadeaux, les pensées de nos proches qui nous ont accompagnées… Nous archivons les mauvais, la séparation, le réveil, et la sale brute d’infirmière de nuit. Le docteur a dit qu’il faut manger des glaces. Ça, c’est du médicament pour guérir.
Alors au boulot !
mercredi 13 avril 2011
"l'anesthésiste a dit..."
Par alice le mercredi 13 avril 2011, 20:02
L'infirmière en chef - Il y a un problème. Elle s'appelle Bao ou Bao Ping ?
Moi - Bao Ping. C'est un prénom composé. Mais on l'appelle souvent Bao.
Elle - Sur le livret de famille, il n'y a pas de tiret.
Moi - C'est normal, il n'y en a pas. Cela correspond à deux idéogrammes.
Elle - Et sur la carte d'identité, il y a une virgule.
Moi - Ça, je viens de le découvrir...
Elle - Mais ça ne va pas. Il va falloir refaire ses analyses de sang, Elles sont à "Bao".
Moi - Vous plaisantez ? Pour une virgule ?
Elle - Non, vous imaginez, si on a deux prénoms identiques et qu'on se trompe de résultats ?
Moi - Deux "Bao Ping" ? Ou deux "Bao" ? Le même jour à Lille ?
Elle - Ah non, ça ne va pas quand même, il y a une virgule. Je vais téléphoner à l'anesthésiste. Ça ne va pas du tout.
...
Elle - L'anesthésiste a dit que c'était un prénom composé, comme "Marie-Christine". On peut dire "Marie".
Moi - Avec "Marie-Christine", c'est sûr, c'est plus clair... (co***sse)
mardi 12 avril 2011
Jaune
Par alice le mardi 12 avril 2011, 19:52
Bao prend une douche à la bétadine.
Bao - Je suis jaune pour de vrai !
Moi - Ah oui ! On dirait une Bao au curry.
Bao - Oh non !
Moi - Une Bao au curry, ça a l'air bon !
Bao - Non, c'est pas bon !
dimanche 10 avril 2011
peluche d'hôpital
Par Philippe le dimanche 10 avril 2011, 11:46
Alice - Alors Bao, quelle peluche tu choisis pour être avec toi à l'hôpital ?
Bao - Batman !
Alice - ... la peluche de Batman qui est aussi grosse que toi ?
Bao - Ouais !!!
C'est logique : qui mieux que Batman peut protéger quelqu'un ?


