lundi 31 août 2015

faites sortir les clowns

À l’hôpital il existe une sorte d'association pour venir égayer les journées des enfants malades, genre clowns de l'espoir ou dieu sait quoi. Mais les clowns, on aime ou on aime pas. Personnellement, j'ai toujours détesté, mais cette chronique n'est pas sur moi.

Un clown entre donc dans la chambre de Bao pour égayer sa journée.

À part que les clowns, Bao, ça la fait pas rire. Encore moins quand elle a des trucs dans le nez et qu'elle est bourrée de médocs. Pendant dix minutes elle a fixé le clown quasiment sans sourciller et sans bouger, avec son regard qui tue.

Je ne sais pas si le temps des clowns est comme celui des humains, mais le pauvre a dû passer les dix plus longues minutes de clown de sa vie.

Bao 1 - clown 0

vendredi 28 août 2015

"Jeanne de Flandre" à Lille VS "hôpital Femme Mère Enfant" à Lyon

Petit match très suggestif, ne prenant pas en compte le personnel soignant, qui (à part une infirmière de nuit particulièrement sadique à Lille) a toujours été très sympathique et performant.

Prise de RdV Lyon 0 – Lille 1
Formalités administratives Lyon 0 – Lille 1
Jouets dans les salles d’attente Lyon 0 – Lille 1 (0 pour les pièces jaunes et 1 pour ludopithal…)
Amabilité des secrétariats Lyon 0 – Lille 1
Attente Lyon 0 – Lille 0

Chambre d’hôpital Lyon 0 – Lille 1
Voisine de chambre Lyon 1 – Lille 0 (j’ai bien dit « suggestif »)
Vue de la chambre Lyon 1 – Lille 0 (on a vu 2 lapins et un héron, ça vaut 1 point)
Nuits accompagnant Lyon 0 – Lille 1
Repas accompagnant Lyon 0 – Lille 1
Ludothèque Lyon 1 – Lille 1
Dialogue avec les médecins Lyon 0 – Lille 1
Gulli Lyon 0 – Lille 0 (je déteste Gulli)

TOTAL Lyon 3 – Lille 9

(Heureusement qu'ils ont des lapins !)

Lapins déco

Hôpital Femme Mère Enfant de Lyon

Bao va bien.

Si les soins étaient à l’image de l’administration et de l’organisation de l’hôpital, elle avait 10% de chances de survie. Cette pensée met une vraie boule au ventre quand on confie son gamin au bloc. Mais ouf ! L’équipe en contact avec les enfants et avec les parents (anesthésiste, internes, infirmières, aides soignantes, éducatrices et femmes de ménage) a été vraiment au top. Un grand merci.

Salle d'attente pour enfants

mode power on

L'infirmière - Tu n'as pas fini ton petit déj ? Tu n'as pas faim ?
Bao - j'ai décidé de trainer au lit devant la télé.
Elle - Ah ?
Bao - C'est mon anniversaire, je fais ce que je veux.

mardi 25 août 2015

et de quatre

Bao se fait opérer une nouvelle fois aujourd'hui. Elle y va sans hésitation ni arrière-pensée, à fond la caisse à la Bao.

Par contre, va falloir envoyer vos bonnes pensées à sa maman qui est toute bizarre...

lundi 24 août 2015

Il y a 4 ans

Souvenirs... C'était en 2011.


Hosto J-1

Le médecin - Alors, Bao, je t'ai tout expliqué. Mais tu as peut-être des questions ?
Bao - Euh oui... La dernière fois, en m'endormant, j'ai seulement compté jusqu'à 3. Là, est-ce que je vais battre mon record ?

lundi 20 octobre 2014

Bambou

Jeudi après l'école, Bao vient me voir et dit "Bambou, elle est bizarre, elle a la tête qui penche et tout". Pris dans mon boulot, j'ai jeté un rapide coup d’œil, rien vu de spécial et je suis retourné bosser.

Le lendemain en partant Bao me dit aussi : "Le lapin, il a vraiment pas l'air bien". Alors je promets de regarder, et effectivement, Bambou avait la tête penchée, avait tendance à virer sur la droite et elle avait un œil presque fermé. Zut, me dis-je.

Premier réflexe, je demande à internet "mon lapin a la tête qui penche". Cruelle erreur, tant la liste des affections possibles et des multiples diagnostics nécessaires est longue. Je transpire très fort et essaye de voir ce que je répondrais si le docteur me disait "il faut faire un scan et des analyses de sang, y en a pour xxx euros"... Sueur froides. J'ai des flashs d'un visage réprobateur de docteur, de Dr House, de Bao... Je me renseigne pour trouver un bon véto, j’obtiens une adresse et un rendez-vous le matin-même. Je mets Bambou dans la caisse à véto du chat, je la sangle sur le vélo et on part chez le docteur.

Très accueillant, sympa, rassurant, il ausculte patiemment Bambou et m'explique qu'elle fait un AVC. Il m'explique que comme Rhubarbe va bien, on sait que ce n'est pas une infection, et qu'aux mouvements de l’œil, il peut conclure avec confiance à l'AVC. Il m'explique que les lapins sont robustes et qu'après un mois de traitement, elle devrait aller mieux, même si sa tête devait rester un peu penchée, il lui fait une piqûre et on rentre.

OOOOOOOOOOOOOOOOOUF !

Évidemment, Bambou est depuis tombée deux fois dans la mare (pas facile de boire la tête penchée), je l'ai repêchée et essuyée les deux fois, et elle est désormais dans une cage le temps qu'elle se rétablisse. Tout le monde est aux petits soins et est inquiet pour elle. Faut dire que le coup de la tête, c'est assez impressionnant. Et Bao, dans tout ça ?

Alice - Vous savez, normalement, elle devrait se rétablir, mais il faut se dire qu'il est possible qu'elle meure.
Bao - Si elle, meurt, faudra racheter un autre lapin.
Moi - Bao !

mercredi 20 novembre 2013

Championne de scrabeul

Au CHR de Lyon, le grand, le neuf, le spécialisé "mère enfant", il n'y a RIEN dans les salles d'attente. Pas un livre, pas un jouet. Juste plein de gens qui patientent au minimum une heure avec des gamins désœuvrés.

Bao - On joue ? je t'écris quelque chose dans le dos et tu dois deviner.
Moi - OK.
...
Moi - CAGE ?
Bao - Non ! Je recommence.
...
Moi - Le C du début est bizarre. Tu le refais ?
Bao - Pfff... C'est un T.
Moi - Ok. TAGE ?
Bao - Non ! J'ai écris TAGEL.
Moi - Tagel ? Ça veut dire quoi ?
Bao - Pas Tagel ! Euh... TAGUE.
Moi - Tague ?
Bao - TAGEUL.
Moi - Tageul... Tageul... Tu ne penserais pas à un gros mot, toi ?
Bao - Vi...

A Lille, l'association ludopital faisait un boulot exceptionnel.

mercredi 29 mai 2013

Pas de panique

Souvenirs souvenirs... (et ce n'est pas d'actualité)

L'hébergeur des diaporamas (c'était "slide", je crois) a fermé boutique. Du coup, je refais mes montages. Bao à l'hôpital, vous vous souvenez ?

mercredi 25 mai 2011

SPA/DSK

Bao - Lucrèce, c'est une maman alors elle va avoir des bébés chats.
Moi - Non, c'est pas possible. Lucrèce, elle ne peut pas avoir de chatons.
Bao - Pourquoi ?
Moi - Parce que le vétérinaire de la SPA l'a opérée pour qu'elle ne puisse pas en avoir.
Bao - Ah... Moi quand je serai grande j'aurai pas de bébé.
Moi - Pourquoi ? Tu en voulais 10, avant !
Bao (montre sa lèvre)- Parce que j'ai été opérée.

Il faut peut-être que je lui explique que les bébés, ça ne se fait pas au niveau du col de la chemise... Bravo, DSK !

jeudi 28 avril 2011

Invisible

Bao - Est-ce que je suis absente, là ?
Moi - Euh non, tu es là.
Bao - Mais l'autre fois, j'étais absente !
Moi - Ah oui ! Quand tu étais à l'hôpital, tu n'étais pas à l'école, alors tu étais absente à l'école. Mais maintenant, comme c'est les vacances, tous les élèves sont absents. Mais la maîtresse ne fait pas l'appel parce qu'elle est absente elle aussi.
Bao - Ah...

mardi 26 avril 2011

Convalescence

Bao - Arrête, Robin ! Je suis fragiiiiiile !

jeudi 14 avril 2011

Tout va bien

Tout était planifié, pour ne pas dire asseptisé. L’hospitalisation qui se profilait depuis deux ans se présentait finalement comme une formalité. On en parlait, on en riait. On rangeait nos angoisses sans trop d’efforts. A chaque jour suffit sa peine.
Et c’est ainsi que nous avons été portés par le temps, en toute confiance, jusqu’à ces jours. Au terme du script, notre fille pourrait articuler tous les sons et une des cicatrices de son passé serait estompée.
Comme les spectateurs de notre propre film, nous avons découvert les guichets, les couloirs, la chambre. Bao a été enregistrée, désinfectée, ré-habillée. Un infirmier est arrivé. Long dédale vers le bloc. Les portes.
Cinq secondes où mes yeux s’agrippent à sa frêle silhouette, où j’aspire ses peurs. Je prends de plein fouet des images refoulées de gants, de masques, de pinces, de lames, d’aiguilles… Cinq secondes. Les portes se sont refermées.

Alors j’ai calé mes pensées entre les écouteurs de mon i-pod et j’ai sombré dans les pages d’un roman d’espionnage. Ma montre tentait de m’extirper de mon refuge, mais je l’ignorais trois heures durant. Puis je me pris à relire les mêmes lignes. Le discret tic tac troublait mon attention. Les mots perdaient leur sens. Les aiguilles capturaient mon regard… Déjà quatre heures… Philippe arriva, et nous affrontèrent ensemble l’attente.

Quand je vis l’interne. « Tout va bien ». Il nous noya de détails de tissus, de reprises, de points, de fils… Fier de son ouvrage, il nous annonça que le retour de Bao ne tarderait pas. Je reprenais alors le cours de mon film : après l’attente, les retrouvailles. Je pouvais envoyer des sms. Je pouvais rester debout dans le couloir et regarder passer les gens. Je n’étais plus concernée par l’angoisse. Je parcourais les affiches colorées et les dessins d’enfants. Et puis j’aperçus un lit, des cheveux noirs.

Nos regards se croisent, elle est réveillée. Ses yeux ne comprennent pas. Elle essaie d’attraper son visage, je l’en empêche. Je la reconnais à peine. Je sers sa main. Sa bouche, ses lèvres, tout est gonflé, tout est à vif. Des pansements jusqu’à ses joues sont couverts de sang séché. Un filet rouge s’écoule encore de son nez, de sa bouche. Elle a peur. Je cache mes larmes. Elle n’a pas mal. Elle essaie de pleurer mais les sons qui sortent la surprennent. Je ne sais pas comment la rassurer et je caresse ses bras. Je lui chuchote des mots. Maman est là. Papa est là. Elle a été très courageuse. C’est presque fini. Et elle s’endort.


Vingt-quatre heures plus tard, nous sommes déjà de retour à la maison. Bao économise ses mots et ses sourires. Son visage n’est pas encore le sien. Mais l’hôpital est derrière nous. Nous rangeons les bons souvenirs, le personnel attentif et chaleureux, la salle de jeux, les cadeaux, les pensées de nos proches qui nous ont accompagnées… Nous archivons les mauvais, la séparation, le réveil, et la sale brute d’infirmière de nuit. Le docteur a dit qu’il faut manger des glaces. Ça, c’est du médicament pour guérir.
Alors au boulot !

mercredi 13 avril 2011

"l'anesthésiste a dit..."

L'infirmière en chef - Il y a un problème. Elle s'appelle Bao ou Bao Ping ?
Moi - Bao Ping. C'est un prénom composé. Mais on l'appelle souvent Bao.
Elle - Sur le livret de famille, il n'y a pas de tiret.
Moi - C'est normal, il n'y en a pas. Cela correspond à deux idéogrammes.
Elle - Et sur la carte d'identité, il y a une virgule.
Moi - Ça, je viens de le découvrir...
Elle - Mais ça ne va pas. Il va falloir refaire ses analyses de sang, Elles sont à "Bao".
Moi - Vous plaisantez ? Pour une virgule ?
Elle - Non, vous imaginez, si on a deux prénoms identiques et qu'on se trompe de résultats ?
Moi - Deux "Bao Ping" ? Ou deux "Bao" ? Le même jour à Lille ?
Elle - Ah non, ça ne va pas quand même, il y a une virgule. Je vais téléphoner à l'anesthésiste. Ça ne va pas du tout.

...

Elle - L'anesthésiste a dit que c'était un prénom composé, comme "Marie-Christine". On peut dire "Marie".
Moi - Avec "Marie-Christine", c'est sûr, c'est plus clair... (co***sse)

mardi 12 avril 2011

Jaune

Bao prend une douche à la bétadine.

Bao - Je suis jaune pour de vrai !
Moi - Ah oui ! On dirait une Bao au curry.
Bao - Oh non !
Moi - Une Bao au curry, ça a l'air bon !
Bao - Non, c'est pas bon !

dimanche 10 avril 2011

peluche d'hôpital

Alice - Alors Bao, quelle peluche tu choisis pour être avec toi à l'hôpital ?
Bao - Batman !
Alice - ... la peluche de Batman qui est aussi grosse que toi ?
Bao - Ouais !!!

C'est logique : qui mieux que Batman peut protéger quelqu'un ?

samedi 2 avril 2011

Bao à l'hosto J-10