samedi 21 décembre 2013

dreamland

Bao doit écrire sur sa destination de rêve pour l'école.
Elle écrit : "je veux aller en Chine".

Moi - Ben, pourquoi tu veux aller en Chine ?
Bao - Ben c'est pour aller voir ma copine Barbara, qui est partie en Chine !
Moi - Ah, heu, oui, bien sûr.

samedi 15 mai 2010

Oui

Je téléphone à Blandine, qui est partie toute seule pour la première fois dans une ville étrangère (Berlin).

Moi - Salut Blandine ! Ça va ?
Blandine - oui.
Moi - Le voyage s'est bien passé ? Pas de problèmes ?
Blandine - non.
Moi - Ça se passe bien avec les cousins ? Vous avez joué aux cartes Pokémons ?
Blandine - oui.
Moi - Tu as visité Berlin un peu ?
Blandine - oui.
Moi - Et, heu... [image mentale de quelqu'un qui rame très fort] Tu as vu des jolies choses ?
Blandine - oui.

Aaaah,  cette fille... tout le portrait de son père...

mercredi 2 décembre 2009

un "mal" pour un bien

Je profite de ma semaine de vacances forcée (mon école est fermée pour cause d'épidémie de grippe) pour préparer mon cadeau d'anniversaire de rencontre pour le blog.

Le 5 décembre, je laissais ma classe pour me plonger dans une toute autre aventure. Le 6 décembre, après une nuit à Paris, nous volions vers la Chine pour rencontrer le lendemain notre fille.

Je me replonge dans mes souvenirs (j'ai tout mon temps !) et pour vous en faire profiter, je vous concocte de beaux diaporamas du voyage. Sans musique crispante, promis !

jeudi 18 décembre 2008

zàijiàn !

Dernière nuit à Pékin. Bao s'endort pour la première fois dans le calme, avec le sourire. Nous quittons son pays pour rejoindre le notre, chargés de souvenirs. Nous laissons un ami, François, avec l'espoir de nous revoir.

Dernières heures à trois. Bao commence à passer de l'un à l'autre et bientôt.... nous serons enfin cinq.

mercredi 17 décembre 2008

décalquage horaire

Philippe - Jeudi matin, c'est à quelle heure demain soir ?

lundi 15 décembre 2008

nid d'oiseau

En Chine, les nids d'oiseaux se visitent.

le nid d'oiseau

C'est dommage, on a pas trouvé les oeufs.

Le saviez-vous ?

- De la lune, on ne voit pas la muraille de Chine. En revanche, de la muraille, on voit la lune. On voit aussi la muraille de Chine.
- Le téléphone portable, il capte d'en haut de la muraille de Chine.
- Le jade n'est pas de la crotte de nez fossile.
- Les colliers en couilles de pandas portent bonheur mais sont très rares.
- Quand on marche sur la muraille, si c'est blanc, c'est de la neige. Si c'est gris, c'est de la pierre. Si c'est marron, c'est du caca.
- Il y a des marches très hautes et des marches toutes petites. Leur hauteur ne dépend donc pas de la taille des constructeurs.


Philippe et Alice

dimanche 14 décembre 2008

Dr. Jekyll ?

Une maman, ça joue. Et là, elle ne veut plus.
Alors Mr. Hide arrive, tape des pieds et crie très fort.

Une maman, ça porte. Celle-là, elle est fatiguée, à la fin de la journée.
Alors Mr. Hide revient, devient toute raide, se jette en arrière puis se roule par terre.

Une maman, c’est gentil. Elle ne dit pas non quand on veut mettre ses doigts dans la prise.
Alors Mr. Hide intervient, détourne la tête, fait les yeux fâchés et boude. Parfois, elle pousse même un cri de rage.

Une maman, ça ne se partage pas. Et là, Mr. Hide, elle n’est pas au bout de ses peines...

Voisinage

Alice – Tiens, y’a un bébé qui pleure.
Philippe – C’est peut-être celle d’Amélie et Gaël. Il faut aller sur leur blog, pour vérifier.

Shame on you

Sortie dans les rues. Une femme s’agrippe aux jambes de Bao et réajuste son pantalon. Elle tâte au passage l'épaisseur de ses collants avec désapprobation et des commentaires tonitruants incompréhensibles dans notre direction. Des milliers d’yeux nous observent. Et dire qu’on confie des enfants à des gens incompétents...

Oui, Bao n'a QUE deux épaisseurs d'habits alors qu'il ne fait QUE 10° dehors. Mais est-ce que je touche les gosses des autres, moi ?

samedi 13 décembre 2008

Coup de blues

Ce soir, après le repas, Bao va chercher une serveuse, lui donne la main, se fait porter... Et moi, j’essaie de rester indifférente. Mais quelque part en moi, je me dis que je ne fais pas le poids face à une gentille dame qui parle chinois.

Et quand je l’appelle et qu’elle détourne la tête, j’ai la gorge nouée.

vendredi 12 décembre 2008

Dissuasion

Au restaurant

François - Ici, il vaut mieux commencer le repas avec du saké. Ça désinfecte.
Philippe - Bonne idée !
François - On en prend juste un petit verre.
Philippe - Et le chauffeur ?
François - Non ! Il conduit ! C'est interdit !
Philippe - En France aussi. Mais on a quand même le droit à un tout petit peu.
François - En Chine, on va en prison.
Philippe - Oups...

visites truquées

Lorsque nous étions à Haifu, dans ce petit village pauvre de campagne, notre guide nous a confié qu'il n'avait jamais été dans un village comme ça, c'est un urbain, il est né et a toujours vécu dans une grande ville, alors il est désolé de nous avoir montré des choses aussi moches. On sent une vague résurgence du temps du communisme (faut dire que les récits d'européens étant allés en Chine ne ressemblent en rien à ce que nous vivons, notre guide se tape complètement de ce que nous pouvons photographier).

Il nous dit donc qu'il est désolé que nous ayons eu à voir ça.

On lui dit que c'est pas grave, qu'en France aussi nous avons plein de quartiers très pauvres.

Il nous demande "c'est vrai ?" Il se souvient de Paris, de Lyon, de Grenoble, et des jolies choses qu'il a vues en France.

Je lui réponds "bien sûr, mais on ne montre jamais ça aux touristes chinois !"

mercredi 10 décembre 2008

Pas de blagues...

François - Vous gardez bien tous les papiers...
Philippe - Ceux en chinois où on comprend rien, je les ai jetés. Fallait pas ?
François - Ah non...
Philippe - C'est une blague...

Hui Fu - Pingdu

Nous quittons la ville-vitrine, Qingdao, et nous nous enfonçons en taxi dans les profondeurs de la campagne chinoise. L'autoroute n'a pas deux mois. La terre est encore fraichement retournée, de part et d'autre des nombreuses voies quasi désertes. Les aires de repos ne sont pas encore accessibles, en cours de construction. Après une banlieue gigantesque où pousse "idéal city", mélange de gratte-ciel champignons, plus ou moins achevés et de grues, nous traversons des hectares de serres, de champs, de bois soigneusement alignés... Pas un mètre carré n'échappe aux cultures.


Pingdu. Nous prenons la sortie. François et le chauffeur sortent l'adresse et interrogent à maintes reprises des habitants. Changements de direction... demi-tour... Nous errons dans un no man's land d'un autre temps. Nous finissons par sortir de la route principale. Petit chemin de terre tout juste goudronné. A droite, les champs. A gauche, un village paysan, maisons très simples, très pauvres, quadrillage rigoureux de ruelles de terre battue encombrées de boue, de débris de maïs et autres gravas. Nous croisons quelques habitants qui nous dévisagent sans retenue. François continue son enquête et il nous conduit devant un tas de paille.

Mes yeux se remplissent de larmes, ils débordent... Je serre ma fille dans mes bras.

Les témoignages concordent, tout le monde s'en souvient. En octobre 2006, on a trouvé ici un bébé, sur la paille. La petite fille avait la bouche abimée. Elle avait avec elle un carton d'habits. Les policiers sont venus, ont interrogé les gens. Mais personne ne connaissait ses parents. ET puis ils sont partis avec l'enfant.

Nous emportons toutes les images possibles de ce lieu que Bao n'a pas vraiment connu mais qui est le début de son histoire vers nous.




le tas de paille

Conquête

Une maman, c’est super, mais de fois, ça fait de l’ordinateur. Et elle ne veut pas de sa fille pendant ce temps là. Et il y a là-bas ce monsieur avec des cheveux bizarres qui est toujours là et qui fait signe d’approcher...

Bao est intriguée et pour la première fois, elle accepte l’invitation. Elle jette des coups d’œil vers sa mère défectueuse qui continue à l’ignorer. Philippe la soulève et lui montre le paysage à la fenêtre. « Regarde les voitures, là-bas... » « Et là, c’est un immeuble. » « Et tout en bas, il y a des gens... » Et Bao suit ses gestes et écoute attentivement. Satisfaite, elle esquisse même un léger sourire de victoire.

Ce soir, quand nous sortons de la chambre d’hôtel, notre fille nous donne à chacun la main. Elle marche d’un pas décidé, fière de son escorte. Elle a une maman ET un papa.

mardi 9 décembre 2008

Le grand jeu

Orphelinat de Qingdao.

L'orphelinat nous accueille avec un plateau repas, "Ce que mangent les enfants", nous dit-on comme pour s'excuser. Nous découvrons le pain traditionnel, les plats de légumes, un avec du chou, l'autre avec de la tomate et des œufs. Je m'étonne des épices utilisées et déguste avec émotion.

A la fin du repas, François nous remet un album photos... Et nous parcourons en tremblant les quelques traces des deux ans de notre fille passés loin de nous. Ce sont là, entre nos mains, tous les souvenirs qu'elle gardera de sa petite enfance. Nous la découvrons, toute menue, les cheveux en bataille. Elle est splendide, enveloppée dans des draps blancs. Je la trouve belle, malgré sa bouche abimée. Et si fragile... A côté, la photo d'un carton rempli de linge, laissé par la première maman de notre fille. Pas de mot, de prénom, mais un témoignage d'amour.

Nous montons dans une aile du bâtiment. La neutralité du site, nickel comme une photo pour magazine, jure avec mon bouillonnement intérieur. Nous sommes accueillis par des cris de joie et ses nounous exubérantes se précipitent sur Bao. Et elles rient, la caressent, elles la portent, lui parlent, lui fourrent des mandarines dans les poches, l'embrassent... Dans la salle, une grande fresque hyperréaliste orne le mur. La petite fille vêtue de rose, au milieu d'autres enfants, c'est notre fille. Je pars en retenant mes larmes et les filles se cachent pour pleurer. Bao me serre très fort.


Il est 20 heures 30. La journée s'achève, lourde de découvertes. Nous sommes à la porte de notre chambre d'hôtel et Bao refuse d'entrer. Elle pleure pour la première fois. Je la prends dans mes bras mais elle se raidit. Elle tape des pieds, des mains, elle transpire, déborde de larmes.

Petite fille, qu'as-tu compris de ce qui se joue en ce moment ?

Orphelinat de luxe

Non, cette visite ne m'emballe pas. Et si Bao reconnaissait les lieux, les gens ? Comprendrait-elle la situation ? Sur l'insistance de François, nous rejoignons deux familles américaines. Nous découvrons un lieu incroyablement propre et moderne, un personnel joyeux et nombreux et ... 4 enfants dans des transats. Voilà l'orphelinat de rêve où a dû séjourner ma fille.

Et sortant, j'emmène Bao à l'air de jeux. Je lui montre le toboggan, et à son air terrifié, je comprends qu'il ne sera pas question de monter dessus.

Emotions fortes

Train entre Jinan et Qingdao

Bao est sagement assise sur mes genoux. Puis elle commence à gigoter. On part se promener dans l'allée centrale mais les regards sont trop pesants. Alors on improvise... Trois heures de petits jeux l'une contre l'autre, où on s'apprivoise, on se découvre. Et ce moment magique où ma fille colle son ventre sur le mien, les bras serrés autour de mon cou, et elle me fait son premier câlin.

Concentré de premières

En bons parents gâteux, nous nous extasions devant notre fille... et ces premiers jours avec elle nous offrent notre lot de fierté.

Premier sourire, premier chant... Là elle court, ça la fait rire ! Elle danse aussi, en tapant dans ses mains. Les marches d'escaliers sont encore délicates à franchir... Courage, ma belle, y'en a plein à la maison ! Bao s'endort, elle se réveille, elle va sur le pot. Elle dessine, aussi. Sur tous la papiers qui trainent. Elle mange avec application. Et quel appétit ! Elle déteste voir des miettes à côté de son assiette et elle finit tout. Pas de gaspillage. Elle essaie même les baguettes ! Ce qu'elle préfère, ce sont les crevettes. Premier bain, dans les pleurs. Il ne faut pas mettre les pieds dans l'eau, alors... pas facile !

Et puis il y a son rire en cascade. Quand elle court dans les couloirs, en me serrant la main, quand on donne des coups de pieds dans un ballon de baudruche, quand on se roule par terre... On joue avec une lampe électrique, on écrase des bulles... Elle est bon public et tout l'amuse.

Il y a aussi nos fous rires, quand Bao téléphone avec l'enveloppe de l'appareil photo. Ça consiste à la mettre à l'oreille, faire les cent pas dans la pièce en parlant bruyamment.

Nous découvrons son caractère : pas question d'approcher maman quand on a moins de 5 ans. Difficile d'être plus explicite. Mais la plupart du temps, Bao n'exprime aucun désir. Petite poupée, elle voit passer quelque chose quelle voudrait mais elle ne réclame pas. C'est l'heure de manger ? Tans pis, elle peut attendre. Elle est fatiguée ? Pas de pleurs, pas de cris. Cette petite fille découvre une autre vie. Il va falloir apprendre à exister...

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